Dimanche 29 mars 2020 – 5ème dimanche de carême – Homélie

5éme Dimanche de Carême – Année A

Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort : Moi je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ! Crois-tu cela ? Oui Seigneur, je crois tu es le Messie, le Fils de Dieu.

Frères et sœurs dans deux semaines, nous célébrons le triomphe pascal, la résurrection du Christ, la victoire de la vie sur la mort, et ce cinquième dimanche de carême pourrait être appelé le dimanche de la foi et de l’espérance, à travers les lectures que nous venons d’entendre.

Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel rappelle au peuple Juif qui désespère que Dieu, par son Esprit redonne la vie Dieu viendra sortir le peuple de la mort à la vie pour cela il invite le peuple à l’espérance, à garder la foi en Dieu, à ne jamais se décourager, à tenir ferme, car Dieu est toujours proche de ceux qui croient en lui : « Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. » dit le Seigneur. Foi, espérance et vie donnée par Dieu.

Saint Paul dans la deuxième lecture, nous conduit à cette espérance de la vie en plénitude car dit-il : celui qui a ressuscité Jésus nous donnera la vie et cette vie nous constitue enfant de Dieu, et cette espérance à la vie nous fait communier à la vie du Christ et cela doit nous conduire à être des hommes et des femmes nouveaux, à cause de cette vie qui rayonne en nous.

Dans l’évangile, le passage de Lazare entre mort et vie va conduire les deux sœurs Marthe et Marie à professer leur foi : « oui Seigneur je crois tu es le Messie, le Fils de Dieu » dit Marthe. Oui le miracle de la résurrection de Lazare est un signe pour Jésus qui va conduire Marthe et Marie à croire en cette espérance à la vie, et par ce miracle Jésus veut partager sa mort, échanger la vie de Lazare contre la sienne, ainsi dira-t-il : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » En invitant Marthe et Marie à croire, Jésus manifeste sa puissance en ramenant à la vie Lazare. Jésus ne vient pas simplement partager le deuil d’une famille amie, mais partager la mort, échanger la vie de son ami Lazare à la sienne, afin qu’il vive «Celui qui croit en moi-même s’il meurt il vivra » dit Jésus à Marthe et à Marie ; elles ont cru à la parole de Jésus et leur frère est revenu à la vie.

Marthe et Marie sont pour nous aujourd’hui, en ce moment où nous traversons une période difficile par cette crise sanitaire de ce virus, des modèles de foi et d’espérance pour ne pas abdiquer, mais garder notre foi en Dieu qui chemine toujours avec nous. Que cette foi de Marthe et Marie nous donne la force d’être plus solidaire avec ceux et celles qui souffrent, ceux et celles qui ont perdu des êtres chers, ceux et celles qui ont des personnes malades, portons-les dans nos prières, partageons leurs peines comme le Christ l’avait fait avec Marthe et Marie. Comme Marthe et Marie, affirmons notre foi et ne la mettons pas en veilleuse à cause de cette maladie. Oui Seigneur nous croyons que tu es la résurrection et la vie, tu es le chemin qui conduit à la vie, et malgré les souffrances que nous traversons actuellement, tu es avec nous, tu nous donnes la force d’avancer, comme Marthe et Marie l’ont fait. Donne-nous d’avancer vers le triomphe pascal où ta lumière de ressuscité brillera sur chacun de nous. Oui frères et sœurs, laissons-nous envahir par celui qui nous donne sa vie par sa mort et sa résurrection, le Christ Jésus, et que le chemin de la foi et de l’espérance éclaire notre marche vers Pâques malgré les difficultés de ce moment, car c’est par notre persévérance que nous obtiendrons la vie, que celui qui est notre chemin, la vérité et la vie, le Christ, soit au milieu de nous aujourd’hui et pour les siècles des siècles.

A M E N

Dimanche 22 mars 2020 – 4ème dimanche de carême – Homélie

4éme Dimanche de Carême – Année A

« Vous êtes devenus lumière, vivez comme des fils de lumière. » Je suis venu pour ceux qui ne voient puissent voir et ceux qui voient deviennent aveugles.

Frères et sœurs en ce quatrième dimanche de carême, la liturgie de ce jour nous invite à ouvrir nos yeux à la lumière du Christ et à marcher dans son rayonnement comme des fils de lumière. Pour illustrer ce rayonnement il nous est relaté la guérison de l’aveugle de naissance. En mettant de la boue sur les yeux de l’aveugle et en lui demandant de se rendre à la piscine de Siloé, Jésus nous fait comprendre que l’eau de la piscine de Siloé préfigure la fontaine baptismale de la nouvelle naissance qui nous ouvre à la vie du Christ, lui qui est lumière pour le monde, ainsi aveugle guéri s’ouvre à la lumière du Christ ainsi dira-t’il : je suis venu pour ceux qui ne voient pas puissent voir et ceux qui voient deviennent aveugle.

Oui la guérison de l’aveugle de naissance aurait dû réjouir non seulement celui qui en était le bénéficiaire mais aussi toute sa famille, elle aurait dû unir tous les témoins dans la louange du prophète en qui se manifeste la présence de Dieu, or la famille de l’aveugle se réfugie dans un attentisme prudent (il est assez grand pour s’expliquer). Quant aux pharisiens appelés à constater le miracle tentent vivement d’obtenir de l’aveugle guéri qu’il renie son bienfaiteur. En effet, comment un geste aussi spectaculaire et aussi bénéfique que la guérison d’un aveugle de naissance peut-il être mal accueilli.

Comment un homme pourrait-il accomplir des signes pareils même s’il a été accompli le jour du sabbat. Oui devant l’évidence d’une guérison les pharisiens étaient divisés : les uns disaient, celui-là ne vient pas de Dieu puisqu’il n’observe pas la loi du sabbat ; les autres répliquaient comment pécheur pourrait-il accomplir de tels signes. En effet les juifs s’étaient mis d’accord d’exclure de la synagogue tous ceux qui déclarent que Jésus est le Fils de Dieu le Messie, l’aveugle guéri ne pouvait qu’être un simulateur, les parents de l’aveugle refusent d’en convenir, alors il ne reste plus qu’aux pharisiens que le recours à la violence verbale (rends gloire à Dieu nous savons que cet homme est un pécheur) et comme l’aveugle guéri refuse de céder à leurs menaces, il se fait injurier et se fait jeter dehors. En rencontrant Jésus et à la question posée « Crois-tu au Fils de l’homme ? » la réponse est immédiate « Oui Seigneur je crois », ainsi l’aveugle professe sa foi au Fils de l’homme, tandis que les pharisiens restent dans leur position et refusent de croire, de ce fait ils sont maintenant les aveugles. L’aveugle a cru et sa foi l’a conduit à voir la lumière du Christ, de son aveuglement il devient témoin de la lumière du Christ pour les pharisiens par sa foi au Christ vrai lumière.

Demandons au Seigneur en ce quatrième dimanche de carême d’ouvrir nos yeux aux merveilles de son amour, comme il l’a fait avec l’aveugle de naissance, d’ouvrir nos cœurs parfois fermés à l’appel de nos frères et sœurs surtout dans cette période difficile que nous traversons pour que ça lumière illumine notre marche vers Pâques. Oui comme les yeux de l’aveugle se sont ouverts à la lumière du jour parce qu’il a cru que nos yeux si souvent aveuglés puissent voir et mieux reconnaître les souffrances de nos frères et sœurs afin de faire briller sur eux cette lumière de l’espérance.

Osons affirmer notre foi comme l’aveugle guéri en ces moments d’épreuves pour que cette foi affermisse notre démarche de carême qui nous entraîne sur le chemin de la joie pascale où le ressuscité fera briller sur chacun de nous sa lumière. Prions pour tous les catéchumènes qui se préparent au baptême dans notre diocèse qu’ils soient revêtus de la lumière du Christ à la fontaine baptismal pour naître à la vie nouvelle au Dieu Père Fils et Esprit-Saint.

A M E N

Dimanche 15 mars 2020 – 3ème dimanche de carême – Homélie

3éme Dimanche de Carême – Année A

Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dis donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive. Donne-là moi, cette eau que je n’ai plus jamais soif.

L’eau que je donnerai deviendra source jaillissante pour la vie éternelle

Frères et sœurs en ce troisième dimanche de carême, après avoir contemplé dimanche derniers le Christ transfiguré, qui a illuminé la vie de ses Apôtres, et où il nous a été demandé d’écouter le fils bien aimé du Père, aujourd’hui il est question de la soif, le manque d’eau, et cet élément essentiel pour la vie ; si elle vient à manquer la mort s’en suit à brève échéance.

La première lecture, nous relate ce manque d’eau du peuple Juif dans le désert, qui est menacé de mort et crie sa souffrance vers Moïse et sur l’ordre de Dieu Moïse fait jaillir du rocher de l’eau pour désaltérer tout le peuple menacer de mort à longue échéance. Cette eau redonne vie au peuple, qui a douté de la présence de Dieu. Ce doute du peuple Juif peut aussi nous envahir en ce moment où nous vivons, cette maladie, nous sommes tentés de croire que Dieu nous abandonne en réalité, il est la source présente sur nos pas, manifestons en lui notre foi, et dans l’Evangile, Jésus nous conduit à découvrir en lui l’eau qui calme toute soif quelque soit notre désert à travers sa rencontre avec la Samaritaine.

Donne-moi de cette eau que je n’ai plus jamais soif

En effet après une journée de marche et de prédication à travers villes et villages, Jésus avait soif et arrive au bord d’un puits et demande à boire à une Samaritaine. Cette demande de Jésus intrigue la Samaritaine, car les Juifs n’ont pas de rapport avec les Samaritains et voilà qu’un Juif parle à une Samaritaine, ce qui pour la Samaritaine est incompréhensible et à travers leur échange et la demande de l’eau à boire, Jésus brise les barrières entre Juifs et Samaritains, et de la demande de l’eau vive de la Samaritaine. Jésus l’a conduit à identifier en elle-même une autre soif plus profonde, la soif du cœur, la soif du bonheur, la soif de vivre.

Si tu savais qui te demande à boire tu lui aurais demandé, il t’aurait donné de l’eau vive

Jésus communique à la Samaritaine qu’il est cette eau vive qui étanche toute soif humaine et spirituelles. Ainsi à travers cette soif au bord du puits et pour dialoguer avec la Samaritaine, Jésus conduit celle-ci à la foi et au témoignage : « Venez voir l’homme qui m’a tout dit sur ma vie. »

La Samaritaine découvre en Jésus qu’il est le prophète attendu, celui qui est venu accomplir la volonté de Dieu, celui qui étanche toute soif humaine et spirituelle et Jésus offre à la Samaritaine ce chemin de foi pour découvrir cette parole, source en vie éternelle, elle devient le témoin de Jésus en annonçant à ses contemporains, ainsi ceux qui se tournent vers Jésus diront ce n’est plus sur des dires que nous croyons, nous l’avons-nous vu, entendu et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde. La samaritaine nous montre à nous aujourd’hui que nous sommes envoyés en mission auprès de nos frères pour leur faire connaitre la Bonne Nouvelle de Jésus.

Alors laissons la Samaritaine en ce troisième dimanche éveiller en nous le désir de l‘eau vive qui est parole de Dieu, pour nous conduire sur les chemins de la conversion.

Que notre rencontre avec Jésus en ce troisième dimanche au puits de l’Ecriture et au puits de l’Eucharistie de ce jour soit aussi enrichissante que celle de la Samaritaine, afin que nous aussi nous soyons porteurs de la Bonne Nouvelle. C’est là notre espérance celle dont Paul dit qu’elle ne déçoit pas, c’est là notre paix elle vient de l’Esprit d’amour répandu en nos cœurs par notre Seigneur Jésus-Christ.

En cette période difficile que nous traversons par cette épidémie soyons les uns pour les autres des samaritains/samaritaines, surtout pour les malades, des signes d’espérance et de confiance en Dieu qui est présent, comme il l’a montré avec le peuple Juif au désert en venant à leur secours. Ayons cette confiance qu’il est avec nous en ces moments difficiles pour ne pas nous laisser envahir par la peur. Abreuvons-nous à la source d’eau vive qui est Jésus, le Fils de Dieu, venu partager toutes nos souffrances en communion avec son Père et dans l’unité de l’Esprit Saint.

Osons, frère et sœurs nous émerveiller d’être par notre foi au Christ lumières pour nos frères.